Montagne d’or

Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’actualités. C’est un nouveau format que j’aimerais faire plus souvent (enfin, s’il n’y avait pas autant de projets portant atteinte à l’environnement, je m’en passerai, soyons clairs) mais, puisque c’est le premier, soyez cléments ! 😉

Si vous suivez un peu certaines associations et notamment WWF, ce « merveilleux » projet appelé Montagne d’or a difficilement pu vous échapper. Je vais essayer ici de vous condenser un peu l’information juste pour être globalement au courant de ce qui se passe et je vous laisserai, bien sûr, les liens de tous les sites sur lesquels j’ai pu en trouver.

Parlons donc du projet « Montagne d’Or« . Un bien joli nom n’est-ce pas ? Il s’agit en fait d’un projet de mine d’or à ciel ouvert, situé au Nord-Ouest de la Guyane, au milieu de la forêt amazonienne entre 2 réserves naturelles. Tout cela commence, il y a bien longtemps, par l’exploitation de l’or alluvionnaire, c’est-à-dire, charrié par les rivières. Dans les années 1990, est ensuite découvert un gisement sur le site Montagne d’or. Puis, après plusieurs campagnes pour déterminer les dimensions de celui-ci, deux multinationales, à savoir Columbus Gold Corporation et Norgold, publient finalement en avril 2017 une étude de faisabilité bancaire.

Bon, une mine d’or d’accord mais, de quoi on parle exactement ? Tout d’abord, pour mettre en place ce projet il faudra raser l’équivalent de 820 stades de foot de forêt amazonienne dont plus d’un tiers de forêt primaire, c’est-à-dire vierge de toute influence humaine (et oui, ça existe encore, mais potentiellement plus pour longtemps du coup). Ensuite, pour extraire cet or, on utilise du cyanure. Beaucoup de cyanure. Alors certes, les boues contaminées sont stockées dans des cuves, seulement, dans cette région, les pluies sont particulièrement abondantes et les terrains, glissants. Ai-je vraiment besoin de vous faire un dessin ? Il est naturellement déjà arrivé que ces fameux bassins débordent ou même cèdent. Cela à donné lieux à des catastrophes sans précédent, en Roumanie, par exemple, en 2000 ou, plus récemment au Brésil, en 2015. Ces boues toxiques ont ravagé notamment la faune aquatique et ont même rasé certains villages brésiliens de la carte. Au vue de l’emplacement de cette mine, je vous laisse imaginer les dégâts environnementaux que cela pourrait engendrer.

Bien sûr, les multinationales promettent de restaurer la forêt durant 30 ans après la fin de l’extraction. Alors autant d’un point de vue économique, comme vous le verrez après, je peux être une bille, autant là… j’ai quelques connaissances. Déjà, qu’ils le promettent c’est formidable mais n’oublions pas que les études d’impacts sont depuis 1976 définies par la loi et rendues obligatoires. Ensuite, ce qui pêche aujourd’hui pour ces études c’est notamment le suivi qui est malheureusement souvent inexistant et puis, 30 ans ? Pour « reconstruire » une forêt primaire ? Finalement, pas besoin de connaissances particulières, il me semble que le bon sens suffit.

Je voulais également aborder un point écologique qui me semble trop souvent ignoré : la question de la connectivité des réserves naturelles. Aujourd’hui, la fragmentation de l’habitat est une cause majeure de l’extinction des populations animales au niveau local et ce partout dans le monde. Ce projet placé entre deux réserves naturelles risque va fragiliser ces populations en stoppant une partie du flux d’individus qui les lient, au moins pour certaines espèces. Je vous reparlerai de tout ça dans un prochain article probablement mais il me semblait assez important de le souligner ici.

Et si on sait tout ça, pourquoi on l’envisage au juste ? Les principales raisons sont, vous l’avez deviné, économiques. Très honnêtement, ce n’est pas mon domaine de prédilection, mais, d’après WWF, 420 millions d’euros d’argent public sera absorbé par ce projet pour la création de 750 emplois directs sur 12 ans (le temps de l’extraction). Comme il s’agit là d’un projet censé permettre à l’économie guyanaise de redresser la barre, on pourrait donc penser que les guyanais, en tant que principaux intéressés, sont pour. Bien au contraire, la plupart s’oppose à ce projet et cela depuis de nombreuses années. C’est un non-sens pour moi.

Pour finir sur une note d’un point de vue plus global, en 2018, je trouve cela dommage que l’économie passe avant l’environnement encore une fois et comme toujours, il serait grand temps de trouver un juste milieu. Nous sommes aujourd’hui tous capables de comprendre les enjeux écologiques qui planent au-dessus de nos tête alors, pourquoi répéter sans cesse les mêmes erreurs ? – (au passage, c’est la définition de la folie) – N’y a-t-il vraiment aucune autre alternative de développement ? Faudra-t-il attendre encore longtemps avant que l’environnement soit considéré comme une richesse ?

Je vous invite avec plaisir à aller voir la vidéo du Monde et celle de WWF si vous voulez vous renseigner sur le sujet mais aussi, celle de Max Bird, un peu plus légère. Oh et vous pouvez aussi aller faire un tour par pour d’autres informations, site d’un collectif citoyen opposé à l’industrie minière en Guyane. Et, si vous êtes convaincu, n’hésitez surtout pas et aller signer cette pétition et celle-ci parce que, c’est important, parfois, de dire quand ça va pas. Et là, pour moi, c’est non.

A bientôt par ici, avec, je l’espère, des sujets un peu plus légers !

PS : la tortue (sur la photo) est le symbole tahitien de la sagesse… on attire les bonnes ondes et on y croit ! 😉

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Florence dit :

    Article très intéressant, tu fais bien de rappeler l’importance des continuités écologiques… Dont on n’entend pas toujours assez parler, malgré les projets de trames vertes et bleus. Car même si la mine n’est pas construite directement dans une réserve, cela ne sera pas sans conséquence ! Les environnements ne sont pas aussi cloisonnés que des bâtiments… Et les accidents liés à des boues toxiques, comme ceux impliquant des pétroliers par exemple, ne sont pas tout à fait anecdotiques… Alors c’est beaucoup de risque pour quoi ?
    Je trouve aussi bien de mettre l’accent sur le fait que les personnes les plus directement concernées… désapprouvent. Et ce n’est pas le premier projet dans ce genre. Encore et toujours, on veut mettre la compétitivité, l’image et surtout l’économie en avant. Et c’est encore et toujours regrettable.
    Le problème qui reste est qu’il est difficile, dans le contexte actuel, de demander de stopper le développement économique au profit de l’écologie, surtout quand « des grandes puissances » restent climatosceptiques. Enfin, leur dirigeant du moins… Bref, et si on investissait d’abord dans le recherche, pour trouver des alternatives plus respectueuse de l’environnement pour extraire les minerai par exemple ? Ce qui nous permettrait aussi de briller d’une toute autre manière…

    Merci pour les liens vers les pétitions ! Et au plaisir de lire un nouvel article !

    Aimé par 1 personne

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